Le taekwondo moderne

La libération de la Corée, suite à la défaite militaire du Japon, va permettre aux maîtres d’arts martiaux coréens d’enseigner à nouveau et d’ouvrir les différentes écoles (kwan). Enrichi de techniques issues du karate, le tang soo do, résurgence de ces arts martiaux coréens, y sera enseigné dès 1945.

C’est sous la double implication des militaires et des politiques que l’art martial coréen, le futur taekwondo, va prendre son essor. Le tang soo do est enseigné dans l’armée sous l’influence du général Choi, et particulièrement aux commandos qui seront envoyés sur l’arrière des troupes nord-coréennes pendant la guerre de Corée.

Lors d’une démonstration en 1952, réalisée par une équipe d’experts militaires commandés par le général Choi, le président de la république, fortement impressionné, demande que le nom de taekyon remplace celui de tang soo do pour cet art martial pratiqué en Corée et par les forces coréennes.

En 1955, le général Choi proposera aux principales écoles (Chung do Kwan, Oh do Kwan, Song moo Kwan, Chang moo Kwan, Ji do Kwan et Moo do Kwan) d’adopter le nom de taesudo afin d’unifier les différents noms existants. Ce n’est qu’en 1965 que le nom de taekwondo sera définitivement adopté.

Le taekwondo va connaître un premier essor grâce à son efficacité en combat réel, et aux experts qui seront envoyés dès 1968 au Vietnam pour la formation des bérets verts U.S. et vietnamiens. Il servira ensuite à former les troupes d’élites et les gardes rapprochées dans le monde entier. Forte de cette reconnaissance en tant qu’art martial efficace et spectaculaire, la Corée va envoyer des milliers d’experts dans le monde entier pour faire connaître le taekwondo et ouvrir des clubs.

Des variantes du taekwondo, toujours plus efficaces, seront enseignées aux militaires et aux policiers. Dans les clubs, la pratique du taekwondo comme sport de combat se développera, avec l’organisation de compétitions nationales et internationales sous l’égide de la World Taekwondo Fédération, née en 1973.

En 1984, le taekwondo fera son entrée aux Jeux asiatiques. Il deviendra sport de démonstration aux Jeux Olympiques de 1988 et 1992, et enfin sport olympique aux J.O. de Sydney en 2000. La W.T.F. représente aujourd’hui plus de 200 fédérations sur les cinq continents.

Après le formidable développement du taekwondo comme sport de combat, la W.T.F. a pris conscience, sous l’influence des grands maîtres coréens, du risque d’abaisser l’art martial en simple sport de combat. Elle s’efforce aujourd’hui de préserver le taekwondo dans toutes ses dimensions, en tant qu’art de combat et de défense, mais aussi en tant que discipline de développement physique et mental, et enfin en tant que richesse historique et culturelle de la nation coréenne.

Sources : MUDO Les arts martiaux coréens, Frédéric Chaussade et Serge Trochet
Histoire des arts martiaux coréens, Scott Shaw