Philosophie

Les arts martiaux coréens se sont enrichis au fil des siècles de différentes influences religieuses et philosophiques. Au-delà de leur caractère martial, ils sont devenus des arts de vivre.

Le taoïsme

Fondé en 570 avant J.C. par Lao Tseu, il est introduit en Corée pendant la période des trois royaumes. Mais ce n’est qu’au XIIème siècle que les concepts du yin et du yang (eum et yang en coréen) sont importés en Corée.

Le Tao, ou la Voie, est l’organisation de l’univers dans l’espace et dans le temps en deux principes complémentaires : le yin et le yang. Chaque élément possède son élément complémentaire, et tout élément est en transformation perpétuelle, comme l’explique le Yi King, le Livre des Mutations. L’homme fait partie de cet ensemble. C’est en prenant conscience de son appartenance à ce tout et de cette interdépendance avec les éléments naturels qu’il peut progresser sur la Voie.

Les arts martiaux permettent au pratiquant de prendre conscience des possibilités de son corps, puis de son esprit. Quand les deux sont unifiés, il peut tendre vers la sagesse et la plénitude.

Le confucianisme

Il est introduit en Corée au début de l’ère chrétienne. Le confucianisme organise la société au profit du bien commun et de l’intérêt national. L’individu doit prendre sa place dans cette hiérarchie et la respecter. Les lettrés se trouvent au sommet de cette pyramide, juste après les détenteurs du pouvoir. Ainsi, des académies vont être créées pour l’aristocratie, où le confucianisme sera inculqué, ainsi que les lettres, les arts, l’étude du corps et des arts curatifs, et enfin les arts martiaux.

La société coréenne est encore très marquée par le confucianisme. La hiérarchie et l’étiquette des arts martiaux en sont l’héritage direct, et rappellent que si chaque pratiquant a des droits, il a également des devoirs envers son maître, son école et ses partenaires.

Le bouddhisme

Il sera à son apogée en Corée à la fin du VIème siècle. Le bouddhisme prône le détachement des biens matériels et l’abandon des émotions qui perturbent notre jugement et notre vie, afin de tendre vers le nirvana et devenir Bouddha. C’est une recherche de la voie, du do, de la sagesse présente dans les arts martiaux, que certains moines pratiquent encore. Les vertus de respect et de tolérance sont communes au bouddhisme et aux arts martiaux.

Façonné par ces différentes influences, le pratiquant d’arts martiaux, par la maîtrise de ses techniques et de ses capacités physiques, est amené à percevoir que ses actions s'inscrivent dans le moment présent. Au-delà de son épanouissement personnel, il fait partie d’un tout, d’un ensemble social et de l’ordre naturel de l’univers. Par la pratique de sa discipline, il participe à l’équilibre et l’harmonie de ce qui l’entoure.